Ateliers Ouverts 2014
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001 - FRANCOIS GÉNOT
AUBURTIN MARION
Marion Auburtin, peintre du duende

Jamais peut-être un pinceau ne s'est-il tant apparenté au scalpel que dans les mains de Marion Auburtin. Qu'elle peigne un cadavre les tripes à l'air, une chevelure de poupée ou des rapaces nocturnes naturalisés, c'est toujours avec la précision d'un entomologiste, et le détachement d'un médecin légiste. Récemment, elle s'est même mise à peindre sur cuir, cette peau salée, dessalée, reverdie, pelanée, écharnée, épilée, confite, picklée puis tannée. Chacune de ces minutieuses opérations, Marion Auburtin les a intégrées dans sa pratique picturale, dégrossissant, rongeant, grattant, curetant, décapant, essorant, polissant son sujet jusqu'à ce qu'il se révèle « à fleur de peau », à cette frontière ténue du vivant et du non-vivant, ou plutôt dans cette persistance du vivant dans la mort (et de la présence épiphanique de la mort dans le vivant) qui est le sujet exclusif de son art.
Michel Leiris sommait qu'on considérât la littérature « comme une tauromachie », tandis que le flamenco est usuellement décrit comme « une danse avec les tripes » : les deux fusionnent dans la notion de duende, qui dans la culture populaire hispanique désigne autant les « démons domestiques » qu'un « charme mystérieux et ineffable ». L'ambivalence n'a pas échappé à
Federico Garcia Lorca, qui y forgea sa métaphore poétique : le duende s'engendre de la lutte du corps avec un autre corps qui y est tapi, et gît endormi dans ses viscères (« c’est dans les ultimes demeures du sang qu’il faut le réveiller », écrit-il). L'artiste est celui qui ne craint pas de réveiller le duende ; dans la lutte qui s'ensuit, logique et sens s'évanouissent, cédant la place à un érotisme total : « le duende aime le bord de la plaie et s’approche des endroits où les formes se mêlent en une aspiration qui dépasse leur expression visible ».
Fidèle à cet esprit, Marion Auburtin transforme la peinture en un pays « où la mort (est) le spectacle national ». Catherine, Suzanne, la « soupirante », la « morte amoureuse » et la « noyée », mais aussi le « damné », son peuple d'autopsiés, la mine apaisée, reposée voire extatique, le corps nu bien découpé sur des fonds vibrants d'or et de sable (en terminologie héraldique), offre béatement au regardeur ses entrailles, quelque part entre « Étant donnés... » et le « Dahlia Noir », là où tout commence et tout finit : « Et si l’on savait scruter les entrailles, à qui donc feriez-vous croire que vous avez des entrailles ? Vous semblez pétris de couleurs et de bouts de papier collés ensemble » (Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra).
Stéphane Corréard
 
Evénement(s)
18, 24 mai
Sur rdv
Visites guidées
Possiblilité de visite entre le 18 et 24 mai sur rendez-vous uniquement, pour toutes informations : francoisgeno@gmail.com / 06 47 04 03 31
17 mai
19h
Vernissage
17, 18, 24, 25 mai
14h-20h
Le Triangle des Bermudes
Exposition collective à l'initiative de François Génot
Dans l'atelier
001
FRANCOIS GÉNOT
(DIEDENDORF)
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