Ateliers Ouverts 2014
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FRANCOIS GÉNOT
110 RUE PRINCIPALE
67260 DIEDENDORF
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TEXTES CRITIQUES / François Génot

L’attitude sensible et dynamique de François Génot face aux paysages du quotidien vise à reconsidérer la question du « sauvage » par une représentation contemporaine de la nature. Sa pratique artistique se décline à partir du dessin en de multiples propositions plastiques, de la peinture, la sculpture et l’installation, du fusain à la céramique, où un certain rapport à la nature est primordial.


Déplier l'herbe

Tout commence, ou plutôt tout recommence par la marche : l’appareil photographique en bandoulière, les chaussures adéquates, lourdes et robustes, les cheveux attachés. Les lieux ? Ceux d’un quotidien que la banalité a détourné de nos attentions. Ils sont souvent là, ordinaires, à deux pas de mes trajets. Cela peut être un bord de route, une friche industrielle, une voie ferrée abandonnée, les abords inaccessibles d’un cours d’eau, les lignes de démarcation d’un champ ou un simple parterre d’herbes folles. Là, quelque chose me retient : une sorte d’adhérence optique, d’affinité curieuse avec ces lieux a priori dénués de toute fonction. Je m’y aventure. Les taillis de ronce accrochent, écorchent, les lacis de branches, de haies et de buissons entravent la marche, la retiennent. Il y va presque de la confrontation. Tout du moins, le corps affronte cet enchevêtrement, il s’y expose. Et puis, il y a cette inquiétude, comme une tension qui me tient en alerte, me rend “sensible au moindre changement de la déclivité” (comme dit Ponge à propos de l’eau), m’oblige à prolonger l’exploration. Je regarde, je sens, animal aux aguets.
Les photographies fonctionnent pour moi comme un système de contraintes. Elles me cadrent, me tiennent et me permettent de composer. Je ne cherche pas du tout à les reproduire. Elles fonctionnent davantage comme une amorce, ou une accroche pour la reprise de l’amorce initiale ; document plutôt que modèle.
L’enjeu n’est pas tant de représenter toutes ces branches, leur enchevêtrement, que de saisir ce qui les fait tenir en deçà de leur visibilité. Ce qui m’intéresse, c’est cette puissance du végétal, qui procède par expansion, dislocation et poussées successives. Songez à ces remparts, à ces clôtures ou à ces dalles descellées, qui ont littéralement éclaté sous une pression organique et quasiment imperceptible.
La simplicité du matériau – feuille blanche grand format, fusain –, associée à une certaine vitesse d’exécution, permet de tenter de saisir ça. Je cherche le départ de telle ronce, un trait élancé, un geste, une direction, une épaisseur. Il faut aller vite, se laisser surprendre par une énergie, une force spécifique à la prolifération. La surface se noircit, la poussière se disperse, la main devient noire : plus que jamais outil. Un corps à corps avec le dessin, où l’on retrouve quelque chose de l’expérience initiale de ces lieux.
Il y a, en même temps, quelque chose de très élémentaire dans cet agencement corps-feuille-fusain : la possibilité d’une sorte de geste premier. 
Se défaire, défaire, tenter de se débarrasser de ce dont on semble s’encombrer, comme une manière de revenir à “la” source de ce qui nous inspire. En même temps, on se doute bien qu’on n’y arrivera jamais tout à fait. On n’a jamais affaire à soi ou au monde en tant que tel. C’est pour ça que l’idée, ou plutôt le motif des terres brûlées me plaît bien. C’est peut-être là une manière de tenir les deux ensembles : on régénère un sol qui est déjà là, on se débarrasse de ce qui “l’encombre” en même temps qu’on lui donne la force de s’encombrer encore une fois. C’est un peu comme ce qu’affronte l’écrivain. Il n’a jamais affaire à la feuille blanche. D’emblée, il se trouve confronté à une feuille saturée d’évidences, d’habitudes, de “bon sens”. On pourrait presque dire que son travail, son écriture –  et je sens précisément que j’aspire à ça quand je dessine – débute par cette opération d’épure ou de soustraction.
Dessiner les buissons, les broussailles, les fourrés ne peut se faire qu’avec maladresse – il serait vain de croire pouvoir maîtriser leur reconstitution graphique. Elle est indispensable à la tentative de ne pas figer un motif qui demande à s’incarner vivant. Du même coup, mes intentions initiales sont toujours débordées, déviées.
Dans ce mouvement, de l’épure à la maladresse en passant par la “déshabituation”, il y a quelque chose de l’ascèse, de l’exercice pratique. Une vigilance constante à entretenir, de nouvelles attentions à forger, une posture, des disponibilités à ce à quoi on ne s’attend pas. Et c’est ici que, du dessin à la marche, du dessin à l’existence, cette nécessité fait cercle ou ellipse : le dessin appelle à sentir autrement en même temps que sentir autrement appelle de nouveaux dessins.

François Génot et Alexis Zimmer, janvier 2013.
Texte paru dans le n°24 de la revue Les carnets du paysage.
 
Evénement(s)
18, 24 mai
Sur rdv
Visites guidées
Possiblilité de visite entre le 18 et 24 mai sur rendez-vous uniquement, pour toutes informations : francoisgeno@gmail.com / 06 47 04 03 31
17 mai
19h
Vernissage
17, 18, 24, 25 mai
14h-20h
Le Triangle des Bermudes
Exposition collective à l'initiative de François Génot
Transports
Aucun transport en commun spécifié.